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Histoire du protestantisme à Nîmes

En 1520, Luther et Zwingli (relayé par Calvin) lancent la Réforme de l’Église.

Elle gagne Nîmes dès 1530, sous l’influence de religieux, avant d’atteindre les montagnes.

La Réforme culmine en 1570, mais les massacres de la Saint Barthélemy arrêtent son expansion.

En Languedoc, le protestantisme calviniste se consolide, au point que plaines comme montagnes deviennent très majoritairement protestantes. C’est ainsi que Pierre Viret préside dans la cathédrale de Nîmes un culte de Noël qui rassemble 9000 participants.

Henri IV, roi de Navarre et chef des protestants, est proclamé roi de France en pleine guerre de religions. Converti au catholicisme, il n’oublie pas ses anciens coreligionnaires, et leur accorde en 1598 l’Édit de Nantes qui reconnaît l’existence de l’Église Réformée et leur permet de se protéger. Cévennes et plaines font alors partie des « Provinces unies protestantes du Midi »: écoles (dont l’Académie de Nîmes), garnisons, anciennes églises sont administrées par les Réformés.

Après l’assassinat d’Henri IV reprennent les guerres civiles, menées pour les protestants sous la bannière du Duc de Rohan. En 1629, Louis XIII octroie la paix d’Alès, qui rend aux protestants avantages religieux et judiciaires mais supprime protections politiques et militaires. La Province synodale des Cévennes compte encore 82 000 protestants, mais la reconquête catholique commence, l’Édit de Nantes est appliqué « à la rigueur », jusqu’à sa révocation par Louis XIV en 1685. Consuls, écoles et tribunaux deviennent catholiques. En 1685 s’achève la destruction de la totalité des temples, alors qu’ un délai de 15 jours est laissé aux pasteurs pour abjurer ou émigrer.

Les protestants assistent à des Assemblées au « Désert », aidant leurs pasteurs clandestins condamnés à mort s’ils sont arrêtés. Menacés de conversion forcée, un grand nombre d’entre eux va émigrer au Refuge. Les femmes sont jetées en prison, les hommes sont envoyés aux galères, les enfants arrachés à leur famille. En 1702 commence la révolte des camisards, Antoine COURT reconstitue à partir du Bas-Languedoc une « Église sous la Croix ».

Il faudra attendre 1787, avec la proclamation de l’Édit de Tolérance, puis 1789 et la révolution, pour que les protestants soient des français à part- entière. Bonaparte reconnaît officiellement l’Église Réformée en 1802.

Dans la plaine comme dans la montagne, des villes et villages entiers se déclarent protestants. À la fin du

XIXe siècle, beaucoup émigrent et fondent des Églises dans d’autres régions de France. Aujourd’hui, les protestants représentent ici 12 à30% de la population locale, ce qui demeure très supérieur à la moyenne française proche de 2%, mais nous rapprochent de la moyenne européenne qui est de l’ordre de 40%.

Le protestantisme en Languedoc-Roussillon aujourd’hui

La Région « Cévennes-Languedoc-Roussillon » de l’Église protestante unie regroupe 5 départements :

le Gard, la Lozère, l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées-Orientales ainsi que la partie Est de l’Aveyron. Importante par la population protestante (environ 20 000 foyers), cette région est l’une des moins étendues de l’Église protestante unie de France.

Le bastion huguenot s’étendait sur le Gard et la Lozère. Aujourd’hui ces secteurs comptent environ 14 000 foyers protestants auprès desquels une présence pastorale est assurée par 36 pasteurs femmes et hommes. En moins d’un siècle, les communautés de ces secteurs ont eu à faire face à l’effritement de la présence pastorale :100 postes ont été supprimés depuis le début du siècle dans ces hauts lieux du protestantisme, ce qui a entraîné l’apparition de zones de dissémination dans des secteurs autrefois bien desservis. Ainsi dans le secteur du Vigan, là où 7 pasteurs exerçaient dans les années 50, un seul assure aujourd’hui la desserte pastorale.

Le protestantisme dans cette région a toujours considéré qu’il avait un rôle important à jouer dans le service de la société. On recense de multiples œuvres et institutions protestantes, comme les Maisons de Santé, de retraite, de repos et de vacances, on trouve des lieux de rencontre et de réflexion comme le Centre de Rencontre Étudiants « 665 route de Mende » à Montpellier, le Centre Animation Rencontre Tourisme à Sommières, La Maison du Protestantisme à Nîmes.

À côté de l’Église Unie qui rassemble la grande majorité des protestants de la région sont apparues à partir du XIXe siècle des Églises Libres, Réformées Évangéliques, Baptistes, Méthodistes et Pentecôtistes.

Chacun à sa manière et dans son domaine essaye de porter un témoignage actuel et fidèle de l’espérance qui naît dans la foi.

en Cévennes–Languedoc–Roussillon
Protestantisme et mémoire
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