Méditation du mois
 L'Église protestante vous accueille
 La méditation du mois
 L'Ensemble Sommiérois & Vaunage
 Paroisses (Associations cultuelles)
 • Sommières et Villages
cainandabel
 • La Vaunage
 Les Cultes (lieux et
 Évènements, Rencontres, Formation
 Pasteurs et responsables
 Enfants, Jeunesse
 Baptême, Mariage, Décès
 Prendre contact
 Actualité du protestantisme
 Histoire et mémoire régionale
Site national

Iplus que nous n’en sommes coupables.  À peine nés, nous voici plongés dans une lutte fratricide.  À peine nous accordons-nous sur une même langue, c’est pour nous lancer dans des projets totalitaires qui prétendent toucher le ciel.  À peine aimons-nous que nous abandonnons l’épouse aux mains de Pharaon, dans le lâche espoir de sauver notre peau.  À peine paraissons-nous dans la vie politique qu’il nous faut tuer le contremaître oppresseur.  À peine sommes-nous délivrés de l’esclavage que nous construisons le veau d’or.  À peine sommes-nous sortis d’Égypte que nous partons soumettre les contrées voisines.  À peine disons-nous « Hosanna ! » que déjà nous crions : « crucifie-le... » !

Il y a quelque chose de terriblement tragique, comme une malédiction par nature.

Il y aurait quelque chose de terriblement accablant –à ne pas s’en remettre–, s’il n’y avait cette phrase, au cœur de la tragédie : « pas ce qu’ils font ». Ce qui signifie dans la langue du Nouveau Testament : « remets-leur toute dette... ».  Au cœur de l’obscurité, il y a cette trouée, ce soleil d’un pardon premier. Fondateur.  Il y a cette parole qui fait appel, au-delà de tout, à un geste de grâce.  Il y a un lever d’espérance sur un horizon soudainement neuf.

C’est de ce pardon, de cette aube nouvelle que nous avons à témoigner.  L’Église a le flanc marqué de cicatrices, comme un malentendu sans fin. Il est temps d’abandonner et l’invective, et le ressentiment et la défensive : nous sommes tous, sans exception, au bénéfice de cette parole de pardon premier. Nous sommes précédés par le pardon qui laisse aller la dette que nous imaginons avoir les uns envers les autres.  Plus de dette : nul ne doit rien à l’autre. Car tout nous est donné. À tous. C’est de cet élan qu’il nous faut vivre. C’est de cet élan qu’il nous faut donner à vivre à la cité toute entière. Pauvrette petite Église (comme disait Calvin) qui est néanmoins porteuse du seul espoir du monde : la grâce première. Notre Église, pétrie de chair et de sang, mais animée, vivante du souffle du Dieu qui remet toute dette. Et la destinée humaine n’est plus tragédie.  Grâce à Dieu.

Pasteur Didier Fievet.


essai